Édito du directeur

Interview de Bruno Negroni

Bruno Negroni quitte ses fonctions de directeur de la Camieg le 26 juin. Nous avons saisi l’opportunité de donner la parole à cette personnalité discrète mais très engagée.

Nous sommes fin mai, la période que nous vivons est exceptionnelle, nous sommes en cours de déconfinement… Comment allez-vous ? Quels enseignements tirez-vous de ces deux derniers mois ?

Je vais très bien. Mais je dirai que cette période de crise comme celle que nous avons vécu, a exacerbé, parmi le personnel, les différences. Il y a d’un côté des personnes très angoissées et d’un autre des personnes, qui même consciente du risque, vivent sereinement la situation. A tout moment d’une vie professionnelle, ces différences sont palpables, mais la situation de crise les a mises au grand jour.

Comment, en tant que directeur, avez-vous gardé le lien, tenté de rassurer ?

J’ai essayé d’articuler la notion de protection de la santé mais aussi la nécessité de conserver des liens professionnels un maximum en envoyant des messages au personnel quasiment tous les jours, en téléphonant aux nombreux collaborateurs en télétravail... Au moment du déconfinement, j’ai souhaité que les personnes utilisant leur véhicule personnel commencent à revenir plusieurs jours par semaine. Cela me semblait important que le collectif de travail se reforme peu à peu.

Vous quittez vos fonctions le 26 juin, quel bilan pouvez-vous dresser de vos 10 ans passés à la tête de la Camieg ?

Personnellement, c’est un bilan positif, c’était mon premier poste de Directeur dans un organisme particulier avec un conseil d’administration particulier mais dont la composition me convenait parfaitement. L’autonomie de gestion du fait que nous sommes une caisse nationale m’a permis la mise en place de projets, des modes de fonctionnement adaptés à la Camieg. Avec la possibilité de déroger à un certain nombre de règles…je pense que c’est bien pour un directeur d’avoir cette autonomie. J’ai d’ailleurs réussi à faire que l’encadrement ait cette même autonomie notamment dans la gestion des équipes, des affaires quotidiennes.

Autrement on a parcouru un chemin extraordinaire car quand je suis arrivé, la Camieg existait depuis 2 ans. Elle était encore dans une situation très difficile, avec beaucoup de retard, avec le début chaotique de la caisse qui était dans l’esprit de tous les assurés. Et donc, il fallait finir de construire la caisse, on a réussi à le faire définitivement. On a ensuite atteint notre vitesse de croisière nous permettant de développer de nouveaux projets.

Quel voeu formuleriez-vous pour les 10 ans à venir pour la Camieg ?

Qu’elle continue d’exister ! Ce qui n’est jamais évident quand on est un régime spécial... Il n’y a qu’à voir ce qui était en train de se passer avec le régime des retraites il y a peu de temps. Je pense que le système du régime spécial des IEG est un système qui se rapproche de ce que devrait être la Sécurité sociale en général. Pour moi la Sécurité sociale et les organismes d’assurance maladie, la Cnam, les Cpam, devraient couvrir à la fois une part de base et aussi une part dite complémentaire. La Sécurité sociale devrait rembourser à 100 % les soins. Je pense que le régime spécial est un modèle qu’on devrait suivre et surtout ne pas mettre de côté.

Autrement, à la Camieg il y a globalement une ambiance de travail plutôt bonne et je souhaite que ça continue ainsi.

Votre successeur a été nommé fin avril, il s’agit de Sylvain Guilloteaux, avez-vous un mot à nous dire à ce sujet ?

Je pense que c’est un bon choix de continuité dans la mesure où nous avons travaillé plusieurs années ensemble (Sylvain Guilloteaux a été directeur adjoint de la Camieg de mars 2012 à février 2019, NDLR). Il connaît bien la caisse. Dans sa nouvelle fonction, il pourra à la fois être dans une certaine continuité mais aussi, et parce qu’il n’a pas la même personnalité que moi, mener des changements qui rationnaliseront peut-être un peu la gestion de la caisse... Et ce n’est pas un mal !

Qu’allez-vous faire dans votre vie d’après ?

Je ne sais pas bien...  avec les beaux jours, je vais retourner dans ma maison en Bretagne. J’ai également une activité associative au Kremlin Bicêtre, où je réside, que je vais poursuivre. Mais sinon, contrairement à ce qu’il faut faire, je n’ai pas préparé ma retraite... On verra le moment venu.

Juin 2020